[Livre] Mangez en paix! par le Dr Gérard Apfeldorfer

Dévorer un livre en 4-5 jours, cela faisait bien longtemps que ça ne m’était arrivé. Et avec tout qui s’est télescopé cette année: retour de vacances, travaux à la maison, rentrée scolaire et reprise des activités et j’en passe, cela relève de l’exploit!

N’avez-vous jamais fait l’expérience suivante? Vous participez à un déjeuner entre amis, et picorez sans trop réfléchir et sans non plus discontinuer à l’apéritif / au buffet, tout en étant absorbé par de passionnants échanges. Vous voilà interrompu par votre progéniture, allez au hasard, il/elle a renversé son verre, il/elle a envie d’aller au petit coin ou je ne sais quoi. Après 10 minutes d’interruption, vous réalisez alors que vous n’avez plus faim, vous avez trop mangé. Limite vous regrettez.

Ou encore, première semaine de vacances d’été, c’est la grosse fête, vous mangez des glaces tous les jours… au hasard, au chocolat. Au bout de 5 jours, vous ne rêvez plus que de fruits frais. Et au retour de manger léger, sans que cela ne vous coûte.

Et si en prenant davantage conscience de ce que vous mangez, vous parveniez à vous auto-régulez?

Prenons conscience de nos sensations

Sensation de satiété. Envie de salé. Envie de sucré. Apprenons à nous écouter pour manger harmonieusement. Faisons-nous confiance pour nous réguler. Oui dis comme ça, ça a l’air facile, ou alors complètement décourageant. C’est néanmoins par l’écoute des sensations, que commence le Dr Gérard Apfeldorfer, psychiatre et psychothérapeute, président du G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids). Une anecdote relatée dans son livre m’a particulièrement frappée. Il se remémore un déjeuner dans un restaurant au cadre charmant servant une savoureuse cuisine du Sud-Ouest. Il savoure son cassoulet, tandis qu’une des convives, Juliette, n’y voyant que du gras (des lipides), des féculents (glucides) et un tas de trucs absolument horribles pour la ligne. Elle laissa même de côté les gésiers de sa salade puisque ceux-ci avaient été confits dans la graisse d’oie. Tandis qu’il sortit de table en ayant passé un excellent moment, Juliette sembla quelque peu frustrée… et l’histoire de nous dit pas si elle se jeta sur une plaquette de chocolat au goûter. Tandis que notre Docteur se contenta d’un dîner et d’un petit déjeuner frugal.

Bref, halte à la frustration. Gourmandise ne veut pas dire prise de poids. Dégustons des aliments savoureux, et non des protéines, glucides et lipides. Essayons d’apprivoiser à nouveau nos mécanismes de régulation.

Dès le début du livre, Apfeldorfer nous propose des exercices ultra concret, dans des encarts « A vous de jouer ». Par exemple, en nous proposant « (d’)évaluer sur une échelle de 0 à 10 notre niveau de faim habituel avant nos prises alimentaires, notre niveau de rassasiement et de contentement 10 minutes après avoir finir de manger. »

N’ayez pas peur de ce que vous mangez

Je suis la première à prôner une alimentation saine, faite à partir de produits de saison, si possible bio et approvisionnés en circuit court. Ne tombons pas dans l’extrême, ne sombrons pas dans l’orthorexie, ou quand manger sain tourne à l’obsession, engendrant culpabilité et autres sentiments négatifs, pouvant aller jusqu’à impacter la vie sociale. Mes enfants ne mangent pas bio à la cantine, et les repas que l’on me sert au self du boulot sont assez éloignés de mes idéaux en terme d’alimentation. Mais ça ne va pas me tuer, car notre famille a une alimentation saine et équilibrée, et un rapport apaisé à la nourriture par ailleurs. Le soir et le week-end, nous avons une meilleure maîtrise de notre alimentation. Nous savons profiter, nous évitons de diaboliser certains aliments (mes enfants mangent occasionnellement des bonbons, et il nous arrive de fréquenter certaines chaînes de fast-food, si si!). De surcroît, certaines émissions télévisées nous laissent penser que nous à coup sûr trépasser de tel ou tel cancer car nous mangeons de la charcuterie, des pesticides, du lactose, du gluten, du sucre et je ne sais quoi encore. Encore une fois, question de dose et d’équilibre. Et comme nous le rappelle le Dr Apeldorfer, cet équilibre se réalise sur plusieurs jours, voire deux semaines. Nos aliments ne sont pas parfaits, ni complètement mauvais. Lorsque l’on a accepté cela, on peut commencer à se réapproprier son alimentation.

Réapprenons à manger des aliments de qualité, en plus petite quantité

Voici un exercice du Dr Apfeldorfer que je trouve particulièrement pertinent: « Choisissez une catégorie d’aliment. Disons, par exemple, le chocolat. Déterminez un budget, par exemple 5 euros. Pour cette somme, combien de grammes de chocolat haut de gamme pouvez-vous acheter? Combien de grammes de chocolat bas de gamme? Quelle option choisissez-vous? »

A corréler évidemment avec les sensations à la dégustation. Exercice à refaire avec d’autres catégories d’aliments, y compris les viandes, poissons.

Venons à bout de nos dérèglements alimentaires

Ça a l’air facile, comme ça. Mais des dérèglements, nous avons tous, à plus ou moins grande échelle. Heureusement, le Dr Apfeldorfer consacre la partie centrale de son livre à nos dérèglements alimentaires, avec une série d’exercices, des analyses. Il nous enjoint ainsi à faire la paix avec nos aliments, avec notre apparence corporelle, avec nous-même et avec ceux qui nous ont blessé. Ce qui change dans cette ouvrage dédié à l’alimentation, c’est toute l’approche psychologique que l’on ne trouve que trop rarement.

Faites l’éducation alimentaire de vos enfants

Je pourrais écrire 100 pages sur ce sujet. Apferdorfer conclue son livre par un chapitre sur l’éducation alimentaire, sujet fondamental à mon avis. Il distingue éducation alimentaire et dressage alimentaire et nous livre 13 principes que je trouve extrêmement pertinents. Je ne les citerai pas tous, tant je vous encourage à vous plonger dans son livre (ou j’y consacrerai un billet séparé). Mais je retiendrai que l’on doit montrer l’amour et le respect que nous portons à ce que nous mangeons car nos enfants sentent nos frustrations. Que cela parait une évidence qu’il faut aussi souvent que possible manger avec nos enfants, mais qu’hélas, avec nos rythmes quotidiens, cela a tendance à passer à la trappe. Que l’on éduque nos enfants aussi en leur apprenant à déguster. J’aime par exemple leur faire goûter un morceau d’oignon cru (!) qu’ils n’aiment pas en général. Puis leur montrer l’oignon dans le plat, confit, cette fois. Et les interpeller: « tu vois, l’oignon, une fois cuit, il a un goût sucré », et leur redemander s’ils aiment. Et miracle (ou pas) lesdits oignons ont plus de succès. Et les enfants sont fiers d’avoir appris quelque chose. Il est aussi important à tout âge aussi de mettre des mots sur leurs sensations de faim, de rassasiement.

On en revient à une idée principale, qui correspond à ce en quoi je crois en matière d’alimentation: oublions les régimes, réapprenons à manger, et apprenons aussi à nos enfants à apprécier des aliments savoureux. Par l’éducation alimentaire, transmettons l’amour du bien manger et des produits sains!

Je vous conseille donc vivement la lecture du livre Mangez en paix, du Dr Gérard Apfeldorfer, éditions Odile Jacob poches.

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2 Commentaires
  • Celine
    septembre 20, 2016

    Je be laisse pas souvent de message sur les blogs, mais je tiens a vous dire que j’adore ce que vous ecrivez. Vos legumes lacto-fermentes me titillent. merci de continuer

  • Erika
    septembre 20, 2016

    Merci beaucoup Céline pour votre commentaire très encourageant! J’ai quelques billets en préparation sur les boissons fermentées, les légumes et bien d’autres sujets. N’hésitez pas à vous lancer concernant les légumes, ceux qui l’ont fait sont ravis! A bientôt sur le blog!

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