[Zéro déchet] THE bilan 2017

Il y a un an, je vous confiais ma démarche, mon entrée dans le mode de vie Zéro Déchet. Je vous ai confié quelques astuces (habitude #1, habitude #2, habitude #3) : la suite doit arriver, promis, j’ai juste 4-ou 5 projets en parallèle. J’ai eu la chance de participer avec l’association Versailles Zéro Déchet (dans ma ville donc) à un « Défi (presque) Zéro Déchet » qui nous vraiment boostés, en famille. Un an plus tard, quel bilan?

Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas tout faire qu’il ne faut rien faire

Le Zéro Déchet, oui mais…  « Ce n’est pas parce que je ne peux pas tout faire que je ne dois rien faire » – phrase remise au goût du jour par la famille (presque) Zéro Déchet, et que j’adore !! J’ai vraiment abordé le sujet de façon décomplexée : le but n’était pas d’être parfaite dans ma démarche mais de me lancer (sinon, je serais toujours en train d’y réfléchir!). Et avant de paniquer : l’idéal serait de ne produire absolument aucun déchet, mais ce n’est juste pas possible à l’heure actuelle. Et même les gourous du ZD ont une poubelle de recyclable avec du carton et du verre (certes réduites). Un Français produit en moyenne 1 kg de déchet ménager (cad pas recyclable du tout) PAR JOUR! On part donc de très très loin! Et en réduisant les déchets ménagers, les poubelles de recyclables suivent la tendance aussi.

Le Défi (presque) Zéro Déchet

Poubelle d’une semaine, et lombricomposteur (pas très glamour 😉

J’ai personnellement participé au Défi (presque) Zéro Déchet organisé par Versailles Zéro Déchet de mars à juin 2017, et cela a été clairement un accélérateur entre les rencontres d’une richesse incroyable entre participants, les ateliers et l’accompagnement. On peut assimiler cela a du coaching de groupe, ateliers et pesée de poubelles au menu, et cela s’est avéré hyper motivant. Et surtout, on se sent moins seul, on se rend compte aussi que nul n’est parfait dans sa démarche.

Commencer par ce qui est facile

J’ai commencé par ce qui m’était facile, afin de voir rapidement des résultats : le ZD en cuisine. J’avais déjà mis en place un certain nombre d’habitudes. Le plus gros changement a été la mise en place un lombricomposteur (un composteur d’appartement). Il me permet d’absorber la quasi totalité de nos épluchures et cartons bruts (boîte d’œufs etc), à part les peaux d’agrumes et les épluchures d’oignon, ail, échalote (effet vermifuge).

Adepte de la cuisine maison, nous avions déjà un niveau de déchet relativement plus bas que la moyenne, mais voici une liste d’actions que nous avons mise en place cette année:

  • Compostage, avec un lombricomposteur, installé dans notre appartement en hiver, sur notre balcon en été : toutes nos épluchures et les cartons bruts y passent !
  • Légumes de l’AMAP livrés dans un sac de course que nous rapportons d’une fois sur l’autre.
  • Desserts maison, à commencer par les yaourts et les compotes. Du coup, la petite crème au chocolat ou le gâteau, c’est le dessert du week-end. En semaine, nous apprécions pleinement un yaourt et / ou un fruit. Nous avons troqué les emballages non recyclables des pots de yaourts contre ceux, recyclables, des bouteilles de lait.
  • Finies les charcuteries sous-vide, d’autant plus qu’elles sont beaucoup plus chères au kilo qu’à la coupe.
  • Epicerie sèche quasi intégralement en vrac (ou à défaut en emballage carton recyclable).
  • Fromages dans des tissus à la cire d’abeille.
  • Pain dans un sac à pain en tissu.
  • Café apporté dans un mug isotherme au bureau (finies les capsules).
  • Gourde inox pour l’eau (qui intrigue beaucoup mes collègues)
Le non négociable

Je fais énormément de pâtisserie, et suis assez difficile sur le choix de certains ingrédients : j’achète certains produits en semi-gros (1 à 5kg), par exemple le chocolat Barry, que je trouve vraiment meilleur rapport qualité-prix que les options chocolat en vrac. L’emballage part à la poubelle, malheureusement.

Nous mangeons toujours des fromages tels que camembert, qui ne sont clairement pas zéro déchet. Les viandes sont achetées directement auprès de producteurs, qui livrent leur colis sous-vide : on ne peut pas tout faire, mais le circuit-court est on ne peut plus vertueux!

Vendredi soir, c’est LE soir sans cuisine, la pizza du camion étant récupérée dans son emballage carton, qui part au recyclage lorsqu’il n’est pas trop sale.

Le non négociable, ce sont aussi ces spécialités que nous rapportons de nos vacances, achetées auprès de producteurs locaux, et qui sont souvent pourvues d’un emballage. Et évidemment, vin et bière (que nous consommons finalement assez peu).

Ce que nous ne trouvons pas en options « zéro déchet »

Nous consommons du lait acheté en brique ou bouteille plastique recyclable. La crème fraîche est dans un pot en verre, couvercle plastique, et le beurre a un papier non recyclable. On ne se focalise pas non plus sur les produits « plaisirs » rarement consommé et dispo seulement sous plastique. Envie d’un tiramisu, mais le mascarpone se vend en barquette plastique : je ne me prive pas de tiramisu, j’achète le mascarpone (et je le savoure ! ). Mais le tiramisu, j’en fais finalement assez rarement alors on va pas en faire un drame.

L’huile d’olive ne peut pas être achetée en vrac (une sombre histoire de lobbys), alors à défaut, nous l’achetons en grand contenant (et de bonne qualité).

D’une façon générale, lorsqu’on ne trouve pas un ingrédient en vrac, nous l’achetons autant que possible dans un contenant en verre (qui me sert pour les confiture, stocker), ou en carton. Nous évitons le plus possible le plastique.

Les p’tits loupés ou la nécessaire souplesse

Le repas pris à l’extérieur, sur le pouce, à emporter, pas prévu. Nous prévoyons souvent lunchbox et pique-nique, mais le quotidien nous rattrape parfois.

Le supermarché du coin (accessible à pied) qui dépanne, typiquement pour le pique-nique de l’école que j’ai zappé et qu’il faut gérer la veille pour le lendemain : si ça se finit en jambon en barquette plastique pour cette fois, ça n’est pas grave.

Les vacances dans un lieu où on ne peut pas systématiquement cuisiner ou faire ses courses en vrac.

Les invitations où on se retrouve enseveli par les emballages des petites attentions des uns et des autres : typiquement, nous avons organisé une réception de baptême quasi ZD, mais avions des tonnes d’emballages de cadeau de naissance et de baptême ! L’idée n’est pas de forcer notre entourage, mais de sensibiliser à petite dose 🙂

Enfin, on n’oublie pas que les transports ont un impact bien plus néfaste que la production d’un déchet : c’est idiot de prendre sa voiture pour acheter un produit en vrac à 10km, il vaut mieux prendre l’option sous plastique que l’on peut acheter à pied !

En dehors de la cuisine?

C’est là que le défi m’a le plus aidée, car je sortais carrément de ma zone de confort.

  • Entretien : lessive faite-maison, produits vaisselle et lave-vaisselle achetées en vrac, savon de Marseille. Plus d’essuie-tout (depuis longtemps). Il reste encore quelques produits à passer en mode ZD.
  • Hygiène corporelle : savons et shampoings solides naturels (on a mis 6 mois à vider tous nos stocks de gels douche et shampoings beurk), déo solide, dentifrice solide, cotons lavables pour les fesses de bébé. Pour les brosses à dents, solution non trouvée : celles en bambou made in China me semblent être une aberration écologique et coûtent un bras (à 6 à la maison…). Les cotons tiges sont toujours dans nos placards, on a du mal à s’en défaire.
  • Equipement : réflexion plus poussée avant chaque achat, achat d’occasion quand c’est possible, ou sinon d’un produit de qualité, robuste. Notre appartement reste très encombré, mais nous y travaillons.

C’est en dehors de la cuisine que nous avons encore le plus à faire !

Mention fair play : j’ai fait 6 mois de couches lavables pendant mon congé maternité, mais j’ai jeté l’éponge à la reprise du travail. Trop galère en hiver avec les collants à enfiler par dessus, mais je me suis promis de retenter dès que la miss aura les gambettes à l’air. Allez, jetez-moi la première pierre.

Les bénéfices directs et indirects

Cela mériterait un billet à part entière. Alors pour résumer, et en vrac : des économies, une alimentation plus saine et meilleure, un gain de temps (moins de temps gaspillé lors des courses), une forme de maturité personnelle liée à des réflexions personnelles sur l’écologie dans tous les sens du terme (environnementale, sociétale…) et de belles rencontres.

A noter aussi que je suis devenue beaucoup plus sensible aux odeurs de plastiques qu’avant. A l’heure où on parle de perturbateurs endocriniens…

En 2018 ?

Il y a des coups de mou, les difficultés à maintenir le cap en vacances (selon lieu) ou en déplacement, le pot au boulot avec vaisselle jetable, les couches pas toujours lavables… Mais globalement c’est bien plus facile que je ne l’aurais imaginé, à condition d’y aller petit à petit. Alors oui, je suis loin derrière les gourous du ZD, mais nous avons commencé, et nous poursuivons, forts de cette expérience. Nous avons déjà l’impression d’avoir parcouru un immense chemin, et je m’en réjouis. Et surtout, toute la famille s’est embarquée dans l’aventure, mon mari est très moteur : quelle belle opportunité de sensibiliser les enfants aussi ! Et d’essaimer au delà, dans nos cercles de famille, amis, collègues. Et au delà de la réduction des déchets, nous avons entamé une réflexion de fond sur notre consommation à tous niveaux. Et je vous assure, c’est possible avec 4 enfants, un boulot et pas mal d’occupations à côté : si j’y arrive, c’est sûr que vous pouvez le faire aussi 🙂

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4 Commentaires
  • ROJEY
    décembre 22, 2017

    Super blog Erika, bravo !

    • Erika
      janvier 7, 2018

      Merci Anne-Sophie !!!

  • Mathilde
    décembre 22, 2017

    Bravo pour cette démarche. Il nous reste beaucoup de chemin à faire… pour les cotons tiges as tu déjà testé l’oriculi ? Un petit bâton en bambou que j’ai acheté sur bébé au naturel il me semble et je suis fan

    • Erika
      janvier 7, 2018

      Oui je connais et j’ai testé. J’avoue que le petit bout en coton me manque sur les oriculi, surtout après la douche (je déteste avoir les oreilles humides). Une habitude à forcer un peu, peut-être?

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